31/03/2011

Commentaire sur IPRED

Ma contribution à la consultation lancée sur la révision de la directive IPRED (c'est quoi IPRED) :
à la lecture de la proposition de révision de la directive IPRED, j'ai ressenti, en tant que citoyen, un profond malaise.Le projet porté dans cette proposition vise à transformer les fournisseurs de services en ligne (moteurs de recherche, service d'hébergement de contenu, etc.) ainsi que les fournisseurs d'accès en police privée du copyright au mépris des libertés du citoyen et de la liberté d'expression.
La pression juridique qui sera exercée sur ces acteurs les conduirait au filtrage et à la censure de tout contenu pouvant être mis en ligne.
Il se trouve cependant que, selon une étude de HADOPI, que les dits "pirates" sont ceux qui consomment le plus de biens culturels ( http://www.hadopi.fr/actualites/agenda/presentation-de-l-etude-hadopi-a-cannes-lors-du-midem-23-janvier-2011.html - page 45).
Il se trouve également que le partage n'est pas aussi préjudiciable que ce qu'en disent les ayant droits. Une étude de l'université d'amsterdam avance même que le partage dit "illégal" de fichiers bénéficierai aux ventes de musiqe, films, et jeux vidéo (http://www.ivir.nl/publications/vaneijk/Communications&Strategies_2010.pdf - mai 2010).
De nombreuses études dans différents pays font ressortir que les consommateurs trouvent le prix des offres de téléchargement légal "trop chères", "pas assez transparentes" et "abusives" vis à vis de l'artiste, les principaux bénéficiaires de ces ventes sont les maisons de disques qui pratiquent des marges similaires a celles percues sur un bien matériel, alors que ce qui est vendu est un immatériel au frais de copie nul.
Synthèse des études publiées sur le partage de fichiers : http://www.laquadrature.net/wiki/Etudes_sur_le_partage_de_fichiers
La proposition de révision de l'IPRED ne sera bénéficiaire qu'à un petit groupe d'entreprises déjà majoritairement écrasantes sur le marché.Cette proposition va rendre encore plus difficile l'émergeance de jeunes talents en dehors du "moule" des industries du divertissement établies, alors qu'internet et le partage offrent des opportunités de développement inédites. Il serait malheureux d'enlever à notre jeunesse un tel tremplin.
En effet, la proposition de révision de la directive IPRED ne tient compte que des musiques de marché, quel va être le status et la protection d'un artiste qui désire simplement partager son art ?
le partage est illégal... Analysons rapidement le contenu de cette assertion :Le partage : C'est ce qui soude nos sociétés : le partage des tâches dans une entreprise, la partage des valeurs et des traditions dans une communauté, le partage des ressources dans la famille. Les premières communautés humaines on existé et perduré dans le partage et la mise en commun.illégal : ce que nos sociétés n'acceptent pas.
Le partage de biens culturels est illégal - à l'extrème, je n'ai plus le droit de prêter un livre ? Que faire si je veux faire écouter un morceau à quelqu'un qui ne l'a jamais entendu ?Le bien culturel, l'idée circule, se fait connaitre et vit grâce au partage, à l'inverse, une idée meurt lorsqu'elle n'est plus partagée.
Légiférer contre le partage, ciment de nos sociétés, ne sera vu que comme un pas de plus de notre civilisation vers une chute probable, essayant frénétiquement de résister aux changements qu'a amené Internet, en essayant d'appliquer au monde virtuel des lois qui ne sont valables que dans le monde matériel, pour des biens matériels, au lieu d'essayer de s'adapter et en profiter pour evoluer vers quelque chose de plus grand.Internet nous offre l'abondance des biens virtuels (fichiers, logiciels) qui sont multipliables à l'infini, les lois anti-copyright veulent créer la rareté là où il y a naturellement abondance, et c'est quelque part un non-sens quand nos ancêtres se sont efforcés de créer l'abondance de biens matériels là ou il y avait la rareté.
La révision d' IPRED en l'état inflige aux citoyens un préjudice pour leur libertés individuelles, et donne un avantage conséquent aux groupes concentrés au sommet de la pyramide du business de l'industrie du divertissement, mais ne favorisera pas la création artistique, ni n'améliorera les condition de vie de la majorité des artistes (précaires avant tout, ceux qui s'expriment publiquement sont les mieux lotis mais ne sont qu'une minorité qui monopolise la majorité de l'audience).
Verrouiller Internet par la pression sur les intermédiaires techniques est une dérive dangereuse au seul bénéfice de ces corporations et contre le citoyen et ses droits.
La répression n'a pour effet que de créer de nouveau délinquants, nous devons à tous prix trouver des alternatives viables qui favorisent la création et garantissent les libertés fondamentales des droits de l'homme, et je vous prierai de considérer les proposition faites par la quadrature du net en réponse à cette consultation.
J'espère que ce commentaire pourra faire avancer le débat dans le bon sens et que l'intéret de chaque citoyen ne sera pas eclipsé par les intérets particuliers des quelques plus forts comme c'est malheureusement trop souvent le cas dans de trop nombreux endroits.
Vous aussi faites part de vos commentaires à la comission européenne.

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