01/07/2008

Kentika et son interprétation du Logiciel Libre


Parfois les gens se font une image faussée d'une idée ou d'un mouvement, à qui la faute ? Dans certains cas, le discours des militants est en cause... Trop engagé, trop militant, tellement militant que ça en devient sectaire, et c'est dommage, mais d'autres fois, c'est l'opposition au mouvement qui tente d'influencer une opinion encore crédible à coup d'arguments douteux (mais tellement bien écrits...)
C'est ce qu'a fait Gilles Batteux, Président de Kentika, dans cet article (version cache) le logiciel libre a (entre autres) "pour objectif de créer une clientèle captive".
Vanter les mérites de ses logiciels, c'est une chose, et c'est légitime de le faire, le comparer à d'autres logiciels se fait aussi à condition de rester de bonne foi, mais tenter de déstabiliser un mouvement (pas seulement le Logiciel Libre concurrent, mais tout le mouvement du Logiciel Libre) sur la base d'arguments fallacieux est tout bonnement inadmissible.
Que les choses soient claires Monsieur Batteux, le logiciel libre a pour objectif d'être libre !! Il a pour objectif de proposer à tout le monde, pro ou pas, l'ensemble du logiciel librement avec le full web inclus et la possibilité de le modifier ! Et contrairement à des éditeurs qui on un discours tendancieux comme le votre, il n'y a pas besoin d'être client de qui que ce soit pour avoir le droit d'utiliser un logiciel libre et de participer à une communauté dans laquelle les membres ne payent pas non plus pour partager ses connaissances avec une société qui au final les revend ! Qui est captif dans l'histoire ?? Essayez d'utiliser Kentika (même la version gratuite, inutilisable en milieu pro (!) ) sans l'accord de Kentika SAS, en plus, dans la même page on peut lire :
"A noter : Kentika SAS est depuis le 25 juin 2008 la seule société autorisée à délivrer des licences d'utilisation pour le logiciel et ses modules et ce pour toutes les versions. Toute licence non délivrée par Kentika SAS serait un acte de contrefaçon." Ce qui ressemble fortement à de grosses chaînes d'entraves privatrices qui me lient à l'éditeur sans moyen de m'en sortir plus tard.

Si je résume, c'est sûr qu'offrir une voiture, mais avec le frein et le moteur payant, et en donnant gratuitement l'accès au mode d'emploi, ce n'est pas se foutre du monde... Non c'est autre chose : "Notre vocation est au contraire de vous rendre autonomes et de vous permettre d'utiliser au mieux les technologies que nous mettons à votre disposition".

Merci pour vos conseils, si j'avais besoin d'un tel logiciel (Système Informatisé de Gestion de Bibliothèque), j'irai essayer PMB, téléchargeable librement en version complète, utilisable sans restrictions, avec un accès gratuit et aux documentations et aux sources du logiciel, le support gratuit de la communauté, et une offre commerciale de support et d'hébergement.


3 commentaires:

anonyme a dit…

Je serais porté à être d'accord avec vous concernant le logiciel "libre" lorsque l'on parle de logiciel commun tel un traitement de texte (OpenOffice vs Word). Toutefois pour un projet plus complexe tel un centre de documention, de gestion de connaissance ou gestion documentaire, je serais porté à croire qu'il faut être plus nuancé, cela dit respectueusement.

Il y a bien des logiciels auxquels la facture se paie sur un "mode licence", et pour lequel il existe également une communauté d'utilisateurs. Il y a aussi des logiciels auxquels la facture se paie sur un "mode licence", et pour lesquels on peut aussi accèder au code pour personnaliser ce qui doit l'être. Une code totalement ouvert parfois répond davantage aux besoins d'une équipe informatique, qu'au besoin du client lui-même.

Le fait de construire un projet avec un logiciel libre ou non, n'est qu'une petite partie de ce qui déterminera le coût d'un projet au final et son succès. l'essentiel à mon avis est de bien maîtriser les besoins du projet que l'on veut mettre en oeuvre, mais très important aussi de mesurer la maturité des produits pour y répondre avant de faire ce choix important. Il y a parfois des écarts énormes entre la fiche technique d'un produit (libre ou non) et le final que l'on veut mettre en place. Une mauvaise analyse du produit en fonction des besoins, qu'il soit libre ou non, entraînera des coûts de services beaucoup plus élévés pour le personnaliser afin qu'il puisse coller aux besoins. Ce qui a été gagné au niveau des licences ne pèsera pas lourd comparé à ce qui peut être requis en service.

Je comprends que le logiciel "libre" gagne un point au niveau argumentaire et ce mouvement ne peut pas être dénigré non plus, mais quelque part, je connais peu de spécialiste qui travaille bénévolement. Autrement dit, lorsque l'on parle de mise en place d'un projet complexe, à monn avis, on se situe davantage au niveau des modalités de paiement pour une technologie et son service lorsque l'on parle du "libre" ou du "mode licence". Par ailleurs, il n'est pas désavantageux pour un client qu'un éditeur offre une responsabilité sur son produit.

Nicolas Karageuzian a dit…

Accéder au code source d'un logiciel ou d'une application c'est un peu comme connaitre la recette de ce qu'on mange. Si on me dis 'tu as le droit de manger le plat, mais tu n'a pas le droit de savoir ce qu'il y a dedans ni comment il est fait' il est normal que je me méfie de celui qui veut me faire payer pour manger ce plat. Si en plus il met en place de mécanismes qui m'empêchent de réaliser moi-même ce plat, et d'en inventer des variantes, c'est une sorte de hold-up, perpétré sur un bien commun (préparer un plat est nécessaire à la survie de chacun... regarder à ce propos
ce document
).

lorsqu'ils sont distribués sous licence privatrice, je suis en droit de me poser des questions quand à la bonne foi du vendeur, d'une part, car si le source est fermé, il m'est difficile de m'assurer de la transparence des opérations effectués par le logiciel, et la pérrénité du produit et du service d'autre part : que vais-je devenir si un sinistre se produit, et que l'éditeur n'est plus en mesure d'assurer la maintenance de son code ? La seule chose qui me garantirai de la sécurité serait la taille et la puissance de l'éditeur. Cet argumentaire, et quelques expériences malheureuse avec de petites structures peuvent vite dissuader un décideur, même si le produit est bon.
Que le logiciel soit libre permet au contraire de garantir la pérrénité d'une maintenance puisque l'accès, la modification et la distribution (même rémunérée) du logiciel sont libres, ce qui permet à chacun d'investir du temps contre l'argent du client qui n'a pas le temps pour effectuer de la maintenance et de l'évolution.
Les logiciels privateurs mettent des chaines tant au client qu'aux contributeurs potentiels.

Anonyme a dit…

Je viens de visionner le vidéo en référence plus haut, et c'est un peu ce que je craignais pour être franc.
http://www.dailymotion.com/video/xwj6o_le-bien-commun_news

Je ne vend pas de locigiel, ni n'en édite, ni n'en distribue, et je suis tout aussi pour la liberté, le bien commun, l'environnement et l'Open Source si ça peut être le meilleur choix dans un projet
particulier. Ce qui me chatouille de vos dires, c'est qu'il faudrait présumer que des milliers d'éditeur honnêtes sont peut-être de mauvaises fois en proposant leur approche.

Je suis d'accord avec vous sur le principe, mais je ne crois définitivement pas que l'on puisse simplifier ce débat en présumant qu'il y a des méchants et des bons, des capitalistes exploiteurs et des robins des bois. Je ne crois pas non plus
Je ne crois pas non plus que ce débat se situe à savoir qui est le plus captif dans les différentes approches proposées. Ces choix ne sont jamais pour la vie.

Il y a de nombreux clients qui s'intéressent davantage à faire affaire avec restaurant, qui assurera un excellent service, plutôt que de connaître "la recette", pour reprendre votre image